|
la basilique cathédrale
Monument classé.
Elle est, en France, une des seules cathédrales (basilique
mineure depuis 1901) complètes de l'époque ogivale
(du XIIIe au XVIe), d'où son grand intérêt
architectural. On suit aisément les campagnes ayant
marqué sa construction et qui n'ont pas nui à
l'unité de l'ensemble. Vers 1230, Mgr DERRIEN fait
appel à un maître de l’œuvre normand,
lequel impose son matériau, la pierre de Caen, "une
pierre à la texture fine et serrée, à
la couleur chaude comme la flanelle" (Ch. Abgrall). L'érection
de la nef se poursuit sous les épiscopats de Mgr Yves
(1262-1272) et de Mgr de Kersauzon (1273-1327) qui fait aussi
bâtir la flèche Sud et le portail Ouest, avec
ses armes "de gueules à la grande Boucle d'Argent".
Mgr Pierre Benoît consacre l'édifice en 1334.
Les voûtes de la nef et des collatéraux, la flèche
Nord, sont élevées au temps de Mgr de Rochefort
(1349-1385), dont les armes étaient "vairées
d'or et d'azur". "Un extrait de comptes de la maison
de Bretagne, conservé à la Bibliothèque
Nationale, contient la mention d'une somme accordée
en 1431 à l'évêque de Léon pour
réédifier son église"
(Lécureux), somme qui servira à bâtir
le choeur : ses voûtes portent les armes de Mgr Validire
(1427-1432), celles de Mgr Ferron (1439-1472) se trouvant
au-dessus du maître-autel. C'est encore à Mgr
Validire que l'on doit les portes géminées du
portail Sud. Les clefs de voûtes des deuxièmes
travées des transepts portent les armes des chanoines
Richard, dont l'enfeu est daté de 1539. La basilique
est entièrement achevée dans la seconde moitié
du XVIe siècle. Par son austérité, la
façade Ouest symbolise le génie breton. La plupart
des portails de cathédrales sont richement ornés
: pas ici : une ogive en tiers-point, des voussures dépouillées,
trois baies ogivales, des tours aux plans nus, aux lancettes
aveuglées, surmontées de flèches octogonales
très pures, en particulier la flèche Sud, aux
clochetons plus travaillés, la flèche Nord est
plus aiguë (55 m), deux galeries joignant les clochers.
Au pied de la tour Sud, modeste porte "des lépreux"
ouvrant sur la chapelle réservée à ces
malheureux ; au trumeau du portail, statue de Saint-Paul Aurélien.
Dans le porche Sud, au-dessus des portes géminées,
Vierge à l'Enfant, hélas mutilée. Au
centre de la toiture, joli campanile qu'encadrent deux clochetons.
(oeuvrée dans la pierre, la rosace est magnifique ;
elle est surmontée d'une galerie menant à la
"fenêtre de l'excommunication". La nef a 16
m sous voûtes, comme le choeur, celui-ci étant
surhaussé. Ce qui frappe à l'abord, c'est l'équilibre
des proportions et l'éclairage : "Jamais, chez
nous, l'imagination de l'architecte ne joua si brillamment
des complexités : les piliers et leurs gerbes de colonnettes,
les chapiteaux et les arcades fouillés comme à
la loupe, et cette perspective qui, des colonnes de l'entrée
du choeur aux branches de croix, aux collatéraux, aux
déambulatoires, s'enfonce dans le clair-obscur comme
un layon de forêt" (Le Roy). La nef comprend sept
travées, dont la dernière est masquée
par la tribune d'orgues (1652), ouvrage de DALAM. Les verrières
sont sobres, comme le triforium ou galerie à jour.
Sur le pilier de la première travée Sud, beau
Christ du XVe. Deux galeries courent le long du choeur, la
première à jour avec des arcs en accolade, la
seconde avec des coeurs tour à tour inversés.
Posé en 1745, le maître-autel de marbre noir
est dû à Villars. Très beau ciborium en
forme de palmier. Chef d’œuvre de la sculpture
sur bois, les stalles datent du XVIe et mériteraient
une longue étude : tous les motifs sont différents,
certains rappelant les métiers, d'autres ne manquant
pas d'humour, tel "ce canard musicien qui continue de
railler les coin-coin des chantres" (Le Roy). Au Nord,
rose à cinq baies, clefs de voûtes armoriées.
Chapelles des XV-XVIe, dont celle de Saint-Paul, avec les
Reliques (la châsse fut dessinée par le chanoine
Abgrall et exécutée par le lyonnais Calliat.
Elle contient le chef et un os du bras de Paul, une vertèbre
et une omoplate de Saint-Hervé, un fémur de
Saint-Laurent. Reliques authentifiées par Mgr de Gouyon
de Vaudurand). Une dalle porte le nom de M.A.Picard "DCD
L'AN 1652" , martyrologue vivant, elle attira l'intérêt
du Père Maunoir ; Descartes, Mersenne et Huyghens,
en 1640, "entretinrent une correspondance à son
sujet". (Ch. Kerbiriou). Au fond, rétable du Rosaire,
autel du Saint-Sacrement et un tableau représentant
l'ancienne ville, avec ses monuments, dont une chapelle aujourd'hui
disparue, N.D. du Mont Carmel, "spacieuse, bien construite
et grandement hantée" (P. Le Pennec). Tombeaux
de Mgr Rieux-Sourdéac, qui avait proclamé la
Vierge patronne du diocèse, Mgr Budes de Guébriant
(belle figure saint-politaine, un des plus grands missionnaires
ayant oeuvré en Chine ; né en 1860, nommé
à Siufu en 1886, évêque en 1910 ; Archevêque
de Marcianopolis et Assistant au Trône pontifical, il
meurt en 1935). Urnes contenant les crânes des ancêtres
... Dans l'abside, chapelle de Toussaints : sous un tympan
orné d'une tête de cerf, enfeu des chanoines
Richard (1539). Plaque de marbre au nom de J.Y. de Coëtlosquet,
né au manoir de Kerigou-Tregondern ... Tombeaux de
Mgr de la Marche, dernier évêque de Léon,
et de Mgr de Visdelou. Au Sud, tombeaux de Mgr de Kersauzon
et de Mgr de Neufville ; rétable du XVIIe ; enfeux,
dont celui de "Jehan Le Scaff, séneschal de Léon
en MVc Anne du Bois sa compaigne Sieur et Dame de KGOET",
celui de Marguerite de Bréhand (1713). Dentelle taillée
dans le granit, la rosace est splendide. Contiguë au
porche, chapelle du Baptistère, avec un dais dû
aux Derrien, artisans du XIXe.
Longueur de l'édifice, 84 m, largeur, 44 m.
|