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Capitale: Mamoudzou
Population: 135 000 (1998)
Langue officielle: français
Groupe majoritaire: mahorais (61 %)
Langue coloniale: français
Groupes minoritaires: langues comoriennes, swahili, malgache sakalava, goudjarati, français, arabe
Système politique: statut de collectivité territoriale française
Articles constitutionnels (langue): art. 2 de la Constitution française de 1958 (modifiée en 1992)
Lois linguistiques: toutes les lois linguistiques de la République la loi no 75-620 du 11 juillet 1975 relative à l'éducation; la loi no 84-52 du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur; la loi d'orientation no 89-486 du 10 juillet 1989 sur l'éducation; le décret no 93-535 du 27 mars 1993 portant approbation du cahier des missions et des charges de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision française pour l'outre-mer (RFO).

I Données géographiques
L’île Mayotte, surnommée «l’île aux Parfums», est située dans l'océan Indien, à quelque 400 km au nord-ouest de l’île de Madagascar et à 300 km des côtes africaines, à l’entrée du canal de Mozambique (voir la carte 1). Mayotte fait partie de l'archipel des Comores avec les îles de la Grande-Comore, de Mohéli et d’Anjouan (voir la carte 2 détaillée des îles). Cependant, alors que Mayotte constitue une collectivité territoriale française (non un DOM-TOM), les trois autres îles appartiennent à la République islamique des Comores. L'île de Mayotte (375 km2) est composée de deux îles principales, la Grande-Terre (360 km2), d'environ 40 km de long et 20 km de large, et la Petite-Terre (13 km2) ainsi que d’une vingtaine d’îlots épars dans le lagon (voir la carte 3). Mayotte est éloignée de La Réunion par quelque 1500 km de mer.
La Grande-Terre a la forme d'un hippocampe (voir la carte 3) qui est devenu le symbole de l'île. La capitale, Mamoudzou, est dans cette île. La Petite-Terre comprend l'îlot de Pamandzi et le rocher de Dzaoudzi, reliés par une digue surnommée le «boulevard des Crabes». Le chef-lieu est Dzaoudzi. Selon la tradition, le nom de MAYOTTE proviendrait d’un mot arabe, maouti, désignant la mort, parce que de nombreux navires se seraient fracassés sur la barrière de corail qui protège l'île.

II Données historiques
L’histoire de Mayotte est inséparable de celle de l’archipel des Comores dont elle fait géographiquement partie (mais pas politiquement). Le premier peuplement de l'archipel s'est produit dans la seconde moitié du premier millénaire à partir de l'Afrique bantoue (moitié sud). Entre le VIIe et le XIIe siècle, des Austronésiens, qui contribuèrent au peuplement de l’île de Madagascar, sont passés par les Comores, mais ne s’y sont pas établis.

2.1 L’islamisation des Comores
Puis, au XIIe siècle, les Arabo-Shiraziens — le terme Shiraz désigne le golfe Persique —, des groupes islamisés métissés (Arabes et Iraniens), accompagnés de leurs esclaves, arrivèrent aux Comores et introduisirent la religion musulmane. L’islamisation s’imposa dans toutes les Comores; la première mosquée de pierre fut construite à Mayotte en 1566 dans la ville de Chingoni (qui s'appelle maintenant Tsingoni). Puis, les alliances politiques et matrimoniales des Arabo-Shiraziens avec les chefs comoriens entraînèrent un changement de l'organisation politique et la création de sultanats.
Vers le XVIIIe siècle, des Arabes originaires du Yémen, se déclarant les descendants du Prophète, s'allièrent aussi aux familles comoriennes nobles et contribuèrent ainsi à l'établissement de nouveaux lignages matrimoniaux, surtout à la Grande-Comore et à l’île d’Anjouan. C’est de cette époque que datent les documents écrits et les manuscrits en langue arabe, en swahili ou en comorien, le tout présenté en alphabet arabe.

2.2 Les Malgaches et l’esclavage
C’est également au cours du XVIe siècle qu’un grand nombre de Malgaches sakalava s’établirent dans le sud de Mayotte. Dès cette période, coexistèrent dans l’île un peuplement arabo-shirazi au nord et un peuplement sakalava au sud, le tout sur fond d’origine africaine. C’est ce qui explique pourquoi les habitants de nombreux villages comoriens parlent encore aujourd'hui une langue malgache, notamment à Mayotte avec le sakalava et l’antalaotsi; ces langues appartiennent à la famille austronésienne. À partir du milieu du XVIIIe siècle, les quatre îles des Comores furent victimes de razzias organisées par des pirates malgaches. Ces incursions affaiblirent les îles et poussèrent les sultans locaux à rechercher la protection des grandes puissances de l’époque: la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.
Entre le XVIe et le XIXe siècle, comme ce fut le cas un peu partout dans l’océan Indien et aux Antilles, l'archipel des Comores fut le théâtre du commerce des esclaves. Déjà, au XIIe siècle, les Arabo-Shiraziens pratiquaient l’esclavage et c’est d’ailleurs avec leurs esclaves qu’ils arrivèrent aux Comores. Plus tard, les Européens allèrent chercher leur main-d’oeuvre sur la côte est du continent africain, notamment chez les Africains d’origine bantoue et les Malgaches.

 

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